Suite à la proposition de Mr D'Alema et Mr Fini, Umberto Bossi a été l'un des premiers à affirmer que la commission bicamérale proposée était inutile, qu'elle ne représentait qu'une perte du temps, que la commission des Affaires Régionales suffisait largement et que la "bozza Violante" était dépassée.
Pourtant, depuis, le leader de la Lega Nord a changé d'avis (ou plutot de stratégie...), et ce plus d'une fois. Umberto Bossi serait-il devenu modéré au fil du temps?
Non, le leader du Carroccio a seulement bien en tête l'objectif à atteindre et craint que le surplus de tension sociale qui plane sur le gouvernement puisse compromettre le fédéralisme. Ainsi donc entreprend-il la voie de la modération, uniquement dans le but de protéger ce dernier.
Roberto Maroni (numéro 2 de la Lega) nous explique: "Quand nous voyons que nous y allons trop fort, que les autres ne suivent pas et que nous risquons de nous écraser, nous freinons. Aujourd'hui, Bossi freine, mais demain, il pourrait tout aussi bien accélérer."
Goffredo Bettini, coordinateur de l'initiative politique du parti démocrate, confirme: "Etant tactique et nullement naïf, Bossi use d'une grande prudence dans ses accélérations, étant conscient du fait que pour lui, ce serait un suicide de s'isoler et de couper les ponts qui le relient aux autres. Y compris, je pense, de la coalition de l'opposition."
Réaccélerer, c'est ce qu'il a fait. En effet, lorsque la Cour des Comptes, Bankitalia et l'Istat ont fait émerger les limites du projet de loi devant les commissions réunies des Affaires Constitutionnelles, Budget et Finances du Sénat, soulignant une augmentation possible de la pression fiscale (en particulier de l'Irpef, impôt sur le revenu), une mobilité éventuelle des contribuables vers les paradis fiscaux ou encore un risque de redistribution inégale entre les régions, et que la promulgation du projet de loi par le Sénat était de ce fait reportée à 2009 afin d'y apporter les modifications nécessaires, Bossi a utilisé une métaphore qu'on ne pourrait qualifier de modérée :" S'il n'y a pas de fédéralisme, nous huilerons nos fusils." Fusils verbaux certes, comme l'a précisé Roberto Calderoli :' Ce que voulait dire Umberto Bossi était simplement que le temps des bavardages était révolu". Mr Bossi a tout de même ajouté que ceux qui ne soutiendront pas le fédéralisme seront exposés à la risée du Nord et ne pourront jamais espérer faire d'accords avec la Lega; message étant tout aussi bien destiné à l'opposition qu'aux alliés du Popolo delle Libertà.
Dernier rebondissement en cours: comprenant que pour aller vite, il fallait marcher avec l'opposition, le leader de la Lega a réouvert le dialogue avec le Parti Démocrate et se dit désormais prêt à écouter leurs propositions, voire à accepter certains de leurs amendements, et pourquoi pas, à envisager la commission bilatérale.
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