La réforme du fédéralisme fiscal se noierait-elle dans le tourbillon de réformes que Silvio Berlusconi veut mettre en place au plus vite?
Justice, présidentialisme, fédéralisme, il va falloir trancher.
La Lega freine de plus en plus Silvio Berlusconi et ses projets de réforme, qui risquent de compromettre la mise en place rapide du fédéralisme fiscal. Umberto Bossi a en effet demandé au Président du Conseil de remettre à plus tard sa réforme de la justice ainsi que le projet de présidentialisme que ce dernier a en tête depuis longtemps et d’accélérer la réforme du fédéralisme fiscal.
Néanmoins, selon Silvio Berlusconi, l’un n’empêcherait pas l’autre. En effet, la composition bicamérale du Parlement (constitué de la Chambre des Députés et du Sénat) permettrait aux réformes de la justice et du fédéralisme fiscal de pouvoir être traitées en même temps, et rien n’exclurait donc une promulgation simultanée.
Cela étant dit, Umberto Bossi veut tout de même des garanties sur l’agenda parlementaire. « C’est bien de réformer la justice, mais il faut d’abord procéder à la réforme du fédéralisme. »
De plus, le leader de la Lega précise que cette dernière a l'avantage d'être déjà passée devant les commissions du Sénat. Selon Roberto Cota, représentant de la Lega à la Chambre des Députés : « Avant de nous occuper de la justice, nous devons mettre en œuvre l’unique réforme en mesure de faire sortir notre pays de la crise : le fédéralisme. » Par ailleurs, une vraie réforme constitutionnelle de la justice comprendrait l’engagement du parlement pour les quatre prochaines années.
D’après le Ministre de la Défense, Ignazio La Russa : « Il est important de ne pas utiliser la justice comme un moyen de renvoyer le fédéralisme à plus tard, mais il est également important de ne pas utiliser le fédéralisme comme une excuse pour ne pas faire la réforme de la justice. »
Bossi a également freiné Berlusconi et son projet de présidentialisme, autre réforme qui pourrait entraver la route du fédéralisme qui le principal objectif, voire l’unique, de la Lega : « En ce moment, c’est impensable […] C’est une idée que lui a toujours eue; nous, nous n’avons jamais pensé au présidentialisme. Pensons d’abord au fédéralisme, pour le reste, on verra après. […] Nous sommes actuellement très occupés, c’est pourquoi il est impensable en ce moment de travailler sur un grand projet comme celui du présidentialisme. Il me semble qu’il n’y ait pas de grand consensus autour de ce projet. C’est une vielle idée de Fini, puis de Berlusconi. Pour le moment, nous n’avons pas de temps à accorder à ce projet. Une chose à la fois. Aujourd’hui, c’est au tour du fédéralisme. »
« La Lega craint en effet que le fédéralisme soit mis de côté » explique Anna Finocchiaro, présidente du groupe du Parti Démocratique au Sénat. « Avec sa réforme, Berlusconi mine le parcours des réformes et risque de compromettre le climat de dialogue qui avait été instauré par exemple autour du fédéralisme fiscal. »
Ici encore, le Popolo delle Libertà assure que fédéralisme et présidentialisme peuvent cohabiter et selon Bocchino « Il n’y a pas d’opposition entre le présidentialisme et le fédéralisme, qui sont au contraire, par leur nature, complémentaires ».
En freinant Berlusconi et ses projets de réforme, Bossi espère garder ainsi la voie du dialogue ouvert avec la gauche, de façon à voir sa réforme du fédéralisme promulguée, même par le Parti démocratique de Veltroni, celui qui montre le plus de résistance.
19.1.09
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